HEALTH SCIENCES AND DISEASE
Coopération Militaro‑Civile dans la Prise en Charge des Blessures de Guerre à Bobo‑Dioulasso : Bilan de Douze Mois d’Activité
By Sidibé A, Keita N, Coulibaly A and 5 others.
Abstract
RÉSUMÉIntroduction. Depuis plusieurs années, le Burkina Faso est confronté à une crise sécuritaire marquée par la multiplication des attaques asymétriques, entraînant un afflux croissant de blessés de guerre (militaires et civils). La saturation des services du CHU Sourô SANOU, seule structure de référence dans la région, et la présence d'infrastructures militaires de soins ont favorisé l'émergence d'une coopération militaro-civile pour une prise en charge efficiente. Cette étude avait pour but de dresser le bilan de douze mois de collaboration militaro-civile dans la prise en charge des blessures de guerre à Bobo-Dioulasso. Méthodes. Étude descriptive et analytique rétrospective de 12 mois (1er août 2025 – 31 juillet 2026), menée conjointement à l'Hôpital Militaire Colonel Major Tanguet OUTTARA et au CHU Sourô SANOU. Étaient inclus tous les patients admis pour blessure de guerre avec dossier exploitable. Résultats. Quarante‑quatre blessés ont été pris en charge (86,4 % d'hommes ; 61,4 % de combattants, 38,6 % de civils). Une cellule de coordination militaro-civile, basée sur une alerte précoce via messagerie instantanée, a permis une mobilisation anticipée des équipes. Le membre inférieur était le siège lésionnel le plus fréquent (63,6 %), et le traumatisme balistique prédominait (68,2 %). Vingt‑cinq blessés (militaires et VDP) ont été pris en charge à l'Hôpital militaire dans un délai moyen de 130 minutes, tandis que 19 blessés (civils et polytraumatisés) l'ont été au CHU Sourô SANOU dans un délai moyen de 29 heures, seule structure disposant d'une unité de réanimation. Conclusion. La coopération militaro-civile structurée à Bobo-Dioulasso est faisable et efficace pour une prise en charge rapide des blessés de guerre. L'extension de ce modèle à d'autres localités et le renforcement du plateau technique de réanimation pourraient améliorer la survie et réduire les séquelles fonctionnelles. ABSTRACTIntroduction. For several years, Burkina Faso has faced a multifaceted security crisis with a rising number of asymmetric attacks, leading to an increasing influx of war-wounded (military and civilian). The saturation of the Sourô SANOU University Hospital, the only referral facility in the region, combined with the presence of military healthcare infrastructure, fostered the emergence of a military-civilian cooperation for efficient management. This study aimed to assess twelve months of military-civilian collaboration in managing war injuries in Bobo-Dioulasso. Methods. A descriptive and analytical retrospective study over 12 months (1 August 2025 – 31 July 2026), conducted jointly at the Colonel Major Tanguet OUTTARA Military Hospital and the Sourô SANOU University Hospital. All patients admitted for war injuries with usable medical records were included. Results. Forty-four war-wounded were managed (86.4 % male; 61.4 % combatants, 38.6 % civilians). A military-civilian coordination cell, based on early warning via instant messaging, enabled proactive team mobilisation. The lower limb was the most frequent injury site (63.6 %), and ballistic trauma predominated (68.2 %). Twenty‑five casualties (military and VDP) were managed at the Military Hospital with a mean delay of 130 minutes, while 19 casualties (civilians and polytrauma patients) were managed at Sourô SANOU University Hospital with a mean delay of 29 hours, the only facility with an intensive care unit. Conclusion. Structured military-civilian cooperation in Bobo-Dioulasso is feasible and effective for the rapid management of war-wounded. Extending this model to other locations and strengthening intensive care capacity could improve survival and reduce functional sequelae.



