Abstract / Summary
Résumé La subluxation postérieure statique de la tête humérale a été décrite par Walch et coll. en 2002. Elle constitue probablement le premier stade de l’omarthrose primaire, précédant l’érosion glénoïdienne. Le patient typique est un homme jeune consultant pour une douleur atraumatique, dont la radiographie standard est souvent lue comme normale : le diagnostic repose sur l’imagerie en coupes. Les options de première ligne étant conservatrices, la fenêtre thérapeutique s’ouvre en rhumatologie. Neuf hypothèses pouvant expliquer la subluxation ont été émises. Au niveau des tissus mous, on retient un déséquilibre volumétrique de la coiffe, une infiltration graisseuse asymétrique, une lésion labrale avec subluxation dynamique puis statique, une rétraction de la capsule antérieure, ou une atteinte neurologique périnatale infraclinique. En ce qui concerne l’atteinte osseuse, la rétroversion glénoïdienne prémorbide, la rétrotorsion humérale diminuée, la morphologie acromiale et la position scapulaire sur le thorax ont été évoquées. Aucune n’est toutefois établie comme cause : il n’est pas déterminé si ces observations précèdent la subluxation ou en résultent. L’incertitude qui en résulte détermine ce qu’il est raisonnable de proposer. Les corrections osseuses se heurtent à des résultats décevants à long terme, alors même que la correction anatomique est techniquement obtenue. La conduite défendable consiste à reconnaître l’entité tôt, à la documenter de façon standardisée, à traiter la douleur et le versant modifiable (amplitudes articulaires, équilibre et qualité musculaires, activités) et à réserver les corrections osseuses à des protocoles évaluatifs prospectifs.