Cancers au Féminin Actualités permanentes en Senologie
Toxicités endocriniennes de l’immunothérapie
Par Laurine Mebarki et Anne-Cécile PAEPEGAEY.
Contenu en anglais
Résumé
Contexte. Les inhibiteurs de points de contrôle immunitaire (ICIs), comme les anti-CTLA-4 et anti-PD-1/ PD-L1, ont révolutionné le traitement des cancers féminins. Cependant, ils exposent à des effets indésirables immuno-induits et notamment à des complications endocriniennes chez 8 à 10 % des patients. Principales toxicités endocriniennes. Thyroïdopathies : complications endocriniennes les plus fréquentes, elles surviennent principalement sous anti-PD-1. Elles évoluent souvent en deux phases : thyrotoxicose transitoire suivie d’une hypothyroïdie permanente. Le dépistage systématique (TSH, T4L) est recommandé. Le traitement repose sur la supplémentation hormonale adaptée, sans nécessité d’arrêter l’immunothérapie. Hypophysite auto-immune : Plus fréquente sous anti-CTLA-4, elles surviennent le plus souvent dans les 6 premiers. Elle entraîne des déficits hormonaux multiples (thyréotrope, gonadotrope, corticotrope). Le diagnostic repose sur l’imagerie (IRM) et le bilan hormonal. Insuffisance surrénalienne primaire : Rare (<1 %), mais grave, elle nécessite une prise en charge urgente par hydrocortisone et Le diagnostic repose sur la clinique, la biologie (cortisol, ACTH) et l’imagerie. Diabète de type 1 auto-immun : Rare (<1 %), il peut être fulminant et nécessite une insulinothérapie à Le dépistage repose sur la glycémie à jeun et la recherche d’anticorps spécifiques. Autres endocrinopathies : Plus rares, comme le diabète insipide, l’hypoparathyroïdie auto-immune ou les Points clés de la prise en charge. Les effets indésirables endocriniens ne contre-indiquent pas la poursuite de l’immunothérapie, sauf en cas de décompensation aiguë. Le diagnostic est souvent difficile en raison de symptômes aspécifiques (fatigue, perte de poids, troubles digestifs…). Un dépistage systématique et un suivi multidisciplinaire (oncologue, endocrinologue) sont essentiels. L’éducation thérapeutique du patient est primordiale pour la gestion des complications et l’adaptation du traitement. Conclusion. Les immunothérapies améliorent le pronostic des cancers féminins mais exposent à des complications endocriniennes parfois sévères. Une meilleure compréhension des mécanismes immunopathologiques pourrait permettre à l’avenir d’anticiper ces complications et de développer des stratégies préventives.



